Dans cet espace figureront des témoignages de personnes parlant de la façon dont elles ont trouvé un sens à leur vie.
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Vous avez une question, vous voulez faire part de votre vécu : vous pouvez envoyer un mail à l'adresse suivante :
christianeb4822@gmail.com
Voici le témoignage de Henri Charcosset, ami rencontré sur un forum de discussions voilà pas loin de dix ans. Comme lui, je rejoignais les personnes qui venaient y confier leur solitude, leur mal-être, leurs souffrances. En arrêt de longue maladie, j'avais besoin de ces rencontres et cela donnait aussi un sens à ce retrait de la vie dite "active". Je ne me doutais pas qu'un jour Henri me solliciterait pour contribuer à son propre site sur la solitude. C'est un peu grâce à lui que je me suis "lancée", comme beaucoup d'autres...
Henri nous montre que l'on peut "donner du sens à ce que l'on vit" malgré les difficultés. Et c'est une belle façon de dire qu'il Croit en l'être humain, qu'il Croit aux possibilités que chacun a en lui et qui ne demandent qu'à être développées. Il faut pour cela chercher sans se décourager : j'aime bien l'expression "Tous chercheurs" qu'il utilise souvent.
LE SENS QUE JE CHERCHE A DONNER A MA VIE
Henri Charcosset, né en 1936, Contacts : henri.charcosset@neuf.fr; Site Anti Solitude :http://anti-solitude.pagesperso-orange.fr/
De cet article, retenez au moins le titre, qui m’a été proposé par Christiane Bedouet, en vue d’en traiter par vous-même !
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Je dirai qu’il s’agit pour moi, de continuer à exister plutôt que seulement à vivre, jusqu’au bout de ma vie.
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En cet instant, à 18 heures, j’ai déjà été bien installé par une auxiliaire de vie, pour 14 H sur mon lit. Un ordinateur avec accès Internet, me permet d’avoir mon petit rôle, auprès d’humains de tout âge et de toute condition. Sur les forums de Doctissimo.com, depuis 2005 j’essaye d’être encourageant, en Solitude, Chômage, Dépression, Je gâche ma vie, Handicap, en particulier. Sous le pseudonyme de henri69. Au travers de 8700 messages au total. En partie, avec l’introduction à des discussions, comme :
Vivre c'est vieillir ....Et vieillir c'est vivre
J’ajouterai que l’entrée en réelle dépendance physique il y a 18 mois, m’a offert l’opportunité de découvrir et apprécier ce milieu des auxiliaires de vie. Presque aucune n’a son ascendance dans notre France métropolitaine. Savoir passer d’un accompagnement de qualité à une personne handicapée physique, à une autre personne en dégénérescence mentale profonde, ce n’est pas rien ! C’est peut-être bien à partir de tels micro milieux, que peut se concevoir un demain fait d’acceptation de l’autre, tout autre.
On voit déjà ici beaucoup de perspectives ouvertes à tout un chacun, où qu’il vive, et quoi qu’il ait à vivre. C’est essentiel, à partir des éléments positifs et de ceux qui le sont moins, de nos vies, de chercher à aller aux autres, pour ces autres. C’est sans doute le meilleur moyen de se construire soi........Une tâche qui n’est jamais terminée….
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Mon enfance, adolescence se sont passées dans une ferme d’un hameau dans le Brionnais. A une époque où les études s’arrêtaient à 14 ans, quand ce n’est pas douze, et où le choix de son orientation professionnelle était pour ainsi dire absent. Un mot clé qui m’inspire à partir de ce milieu, SIMPLICITE.
Boursier, j’allais au collège à douze kilomètres de là, en interne. Pendant les vacances scolaires, j’aidais les parents à la ferme. Durant l’été 1953, à mes 17 ans, j’y étais brusquement atteint par le virus de la poliomyélite. En huit jours on se trouve être paralysé.
Deux mois d’hospitalisation étaient suivis de mon entrée pour deux ans, à l’Hôpital Raymond Poincaré de Garches. Des enfants polio en grand nombre. Plus des adultes atteints par la polio ou par une autre cause neurologique.
Mon lieu de vie était un dortoir à 22 lits, tous occupés par des polios. J’étais l’un des plus jeunes, l’âge pouvant monter à la cinquantaine. Toutes professions se mélangeant alertement, dans une ambiance loin d’être tristounette !
Pour moi, le matin était pour la rééducation fonctionnelle, avec le fréquent reproche de ne pas progresser assez vite. Et l’après-midi les études, avec le reproche en complément de ne pas assez croire en mes capacités intellectuelles.
Un mot clé issu de cette époque, HANDICAP, comme formateur à l’Ecole de la vie, qui comprend de ressentir une valeur en l’autre, y compris totalement paralysé à vie.
J’entreprenais ensuite des études supérieures en Sciences physiques, qui m’ont conduit à devenir chercheur au CNRS. A la base de tout travail de recherche, le chercheur se voit proposer un sujet d’étude. Cela comprend d’en connaître le passé (les travaux antérieurs), d’en vivre le présent avec les relations de travail, de contribuer pour l’avenir au travers d’articles dans les revues spécialisées, ou des Actes de Colloques.
Un mot clé ressort donc naturellement ici, celui de RECHERCHE, qui s’applique pour tout un chacun, à partir de sa propre vie. Un passé, nous en avons forcément un. Le présent, c’est notre vie en cours, faite d’interactions au moins avec le voisinage, proche, et plus lointain si l’on n’est pas très isolé. On dit que dans la vie, il n’y a pas d’échecs, seulement des expériences. Cela nous met sur le même plan qu’un chercheur en profession dans le cadre de son travail !
Chacun a suffisamment de résultats et d’éléments d’interprétation à partir de sa vie, pour que cela mérite publication ! Jusqu’à très récemment, il manquait de supports pour ce faire. Mais la donne est en train de changer, avec l’apparition de l’Internet. Il faudra encore du temps peut- être mais on ira vers, par exemple, le fait d’avoir, tous, une page web « Autobiographie ».
L’équivalent des revues professionnelles de la recherche, c’est l’accueil par certains sur leur site, d’articles témoignages de personnes en particulier, à partir d’éléments clé de leurs parcours dans la vie. Je m’y emploie dès l’entrée sur ce site, voir à CLIC .
Mon autobiographie condensée est à CLIC
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Au fait, la nuit du changement de millénaire vous laisse-t-elle un souvenir particulier ? Moi, oui, j’avais en tête d’entrer mon premier message sur le Net ; cela s’est fait sur le site d’une infirmière au Québec :
« Tous handicapés, tous chercheurs, sans exceptions, en vue d'une société plus juste et plus humaine.1er janvier 2001 »
CLIC (pour mémoire)
Une sorte de pari sur l’avenir peut être… Maintenant, j’en rajoute un autre : Avec l’Internet, supposé rendu accessible à tous, nous avons un instrument majeur pour aller vers la société de demain. Qui vivra verra !
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Croire en la valeur de tout autre conduit naturellement à croire en sa propre valeur. Et ne pas croire d’office en la valeur de l’autre, c’est entrer dans le jeu dangereux de l’exclusion, de l’isolement, de la solitude.
C’est une façon d’être pour une société qui soit pour tous, par tous. Nous avons tous des faits et messages intéressants à rapporter au profit de la communauté ! L’Internet est là pour pouvoir nous exprimer. En étant soi, rien que soi mais tout soi. SIMPLICITE.
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En final, est-ce que je crois en la Vie éternelle, en plus de la vie éternelle qui me semble être une évidence ? Je n’en sais rien.
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Eléments bibliographiques :
Joseph Wresinski, Prêtre (1917-1988). « Le croisement des savoirs », CLIC. Il a su voir dans les plus pauvres des collaborateurs indispensables à la recherche contre la pauvreté
Charles Gardou, « La société inclusive, parlons-en ! : Il n'y a pas de vie minuscule ». Ouvrage paru en 2018, 1ère édition en 2012.
Pour une définition de cette notion de société inclusive, voir aussi à CLIC, « Il n’y a pas ceux qui sont dans la norme et les autres. Tout le monde est « normal » »
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Je souhaite le meilleur à Christiane Bedouet, avec son site au titre stimulant « CROIRE ».
HC, 20.11.18
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C'est dans un milieu catholique pratiquant que j'ai grandi. Je garde de très beaux souvenirs de ces moments.
Devenue adulte, j'ai continué à pratiquer. Mais avais-je vraiment la foi ? N'étais-je pas chrétienne par habitude ? Pourtant, j'ai vécu des moments forts. J'ai fait la catéchèse auprès d'enfants de ma paroisse et d'adolescents du collège où j'enseignais.
Puis se sont présentées des épreuves.
Et ce furent le doute… la désertion… et puis le vide !
Pourtant ce vide en moi m'a, non pas anéantie, mais ramenée vers Dieu. Ou plutôt, à cause de (ou grâce à) ce vide, j'ai été aspirée par la vie que Dieu m'offrait et que je ne voyais plus. Je pourrais appeler cela "un appel d'air", un appel de vie.
Lorsque, après des incompréhensions de son entourage, Jésus dit à ses apôtres : "Alors, vous aussi vous voulez me quitter ?, Pierre lui répond : "A qui irions-nous, Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle".
Oui, le Christ, c'est vers lui que je me suis de nouveau tournée mais, cette fois, de façon plus profonde. En fait, c'est là que je crois l'avoir véritablement rencontré. Et voilà ce qu'il a fait pour moi.
Je me souviens d'une homélie prononcée par le prêtre aumônier de l'hôpital, dans la petite ville où j'habite. Cela a été l'élément déclencheur de l'élan qui m'a fait naître à une vie nouvelle. C'est ainsi que, quelques semaines plus tard, je rejoignais l'équipe de visiteurs bénévoles de l'aumônerie de l'hôpital. Et, après une formation à l'écoute, je consacrai un après-midi par semaine aux personnes malades du service où l'on m'avait envoyée.
A priori, comment une ambiance de maladie et de mort peut-elle faire naître à une vie nouvelle ? Voici des extraits du témoignage que je rédigeai pour le bulletin paroissial quelques années plus tard :
"J'étais malade…"
"J'étais malade et vous m'avez visité"... (Evangile selon St Matthieu 25, 36)
Cette phrase d'Evangile si souvent entendue, se pourrait-il qu'à la longue elle s'affadisse, comme les images aux couleurs passées de nos vieux catéchismes ?...
Se peut-il que visiter les malades soit seulement l'accomplissement d'un devoir de charité ? que ce soit seulement être conforme à une certaine image de "bon chrétien", revêtu de toute la dévotion nécessaire pour côtoyer la souffrance et parfois même la mort ?
Pour ma part, je n'avais jamais pensé que je pourrais, un jour, visiter régulièrement les malades hospitalisés. Et pourtant…
Voilà quelques années maintenant que je fais partie de l'équipe des bénévoles de l'aumônerie de l'hôpital de L. Une fois par semaine, je visite les malades hospitalisés dans l'un des services de cet établissement. Notre rôle de visiteurs / visiteuses consiste à offrir une présence, une écoute aux malades que nous rencontrons et à répondre, quand cela se présente, à leurs demandes religieuses. (…)
Que la personne malade soit croyante ou non, je peux dire qu'il m'est donné de vivre, dans le temps de la visite, des moments très forts. Et alors je reçois autant, sinon plus, que je ne donne. Tout est là, dans l'accueil et l'échange de paroles simples ou simplement de regards, ou de silences. Personne visitée et visiteuse, nous sommes, dans ces moments-là, me semble-t-il, enveloppées d'une immense tendresse qui nous vient d'un Autre infiniment plus grand que nous.
Je peux dire qu'alors l'image d'Evangile n'a rien de fade, que le tableau du visiteur penché vers le malade n'a rien de désuet. On touche, là, l'humanité dans ce qu'elle a de plus profond, la vie qui jaillit chaque fois que l'on s'ouvre à l'autre sous le regard de Dieu.
"J'étais malade et vous m'avez visité" : il s'agit bien de nous tous, frères en humanité, qui sommes vivants jusqu'au bout tant que nous sommes en relation ; il s'agit bien du Christ qui, en tout être humain - et particulièrement le plus petit, le plus pauvre, le plus souffrant -, nous donne rendez-vous si nous nous tenons humblement près de lui.
Ch.B, Novembre 2018